Frédéric Treffel

Politologue, professeur des universités associé

Francophonie — D'un universalisme à la diversalité

Essai

Francophonie : de l'universalité à la diversalité

La Francophonie est-elle un universalisme culturel, ou un pluralisme de coopérations ? Analyse de sa triple dimension — linguistique, institutionnelle, philosophique — et de sa généalogie politique.

Dernière mise à jour :


Un objet à trois dimensions

La Francophonie n’est pas seulement une affaire de langue. Elle se définit sur trois plans qui ne se confondent jamais tout à fait :

  • le plan linguistique : les parlers, les normes, les dictionnaires ;
  • le plan institutionnel : l’Organisation internationale de la Francophonie, ses programmes de coopération et leurs modes d’action ;
  • le plan philosophique : l’universalisme des valeurs qui la fonde.

C’est le troisième plan qui est aujourd’hui mis en cause.

Fille de la liberté, sœur des indépendances

La Francophonie est un projet politique né du mouvement de décolonisation. Elle se veut instrument de diplomatic culturelle, instruments de rapports spécifiques avec les États d’Afrique noire, et d’abord lieu de dialogue et de coopération décentralisée.

Cette généalogie a été analysée dès 2010 dans La Dépêche diplomatique : elle explique à la fois la force du projet et sa fragilité. Un instrument conçu pour affirmer une unité culturelle s’est trouvé pris dans les rivalités entre États et entre langues.

L’universalité et son problème

Le mot « diversalité » a été proposé pour nommer l’écart entre l’universalisme du projet et la diversité réelle de l’espace francophone :

  • les particuliarismes linguistiques en Afrique noire s’opposent à une universalité conceptuelle ;
  • l’analyse critique des raisons graphiques et des raisons orales montre que l’écriture n’est pas un simple support technique du droit : elle est un enjeu de pouvoir.

Relations Afrique–France

L’interface entre la Francophonie et la relation franco-africaine a fait l’objet de plusieurs articles : La Francophonie au cœur des nouvelles relations entre l’Afrique et la France (Le Panafricain, décembre 2012) et La Francophonie : avenir de l’Afrique (Afrique Démocratie, novembre 2012).

La question de fond est celle de la nouvelle frontière numérique, objet d’un article au 15e sommet de la Francophonie (Afrique Démocratie, décembre 2014) : la Francophonie n’est plus seulement une question de bibliothèques, elle est une question d’infrastructures numériques et de souveraineté.

Articles numérisés

Quatre des textes de cette page sont accessibles en fac-similé, avec la page d’origine :

  • « La Francophonie : avenir de l’Afrique ? » (Afrique Démocratie, n° 15, novembre 2012)
  • « La Francophonie au cœur des nouvelles relations entre l’Afrique et la France » (Le Panafricain, n° 99, décembre 2012)
  • « 13e sommet de la Francophonie : vers la grande métisserie » (La Dépêche diplomatique, n° 121, novembre 2010)
  • « La francophonie : fille de la liberté, sœur des indépendances » (La Dépêche diplomatique, n° 118, avril 2010)

Voir la section fac-similés ci-dessous, ou la bibliographie.

Sommets

La participation aux sommets de la Francophonie s’est étendue de 2010 à 2022 : Montréal (2010), Genève (2010), Dakar (2014), Kigali (2022).


Également publié : « De l’universalité à la diversalité » (Revue de l’AMOPA, juillet 2010) et « Francophonie et diversité, c’est maintenant ! » (Afrique Perspectives, décembre 2014). Voir la liste complète des publications.

Sujets

  • Francophonie
  • diversité culturelle
  • droits de l'homme
  • coopération internationale

Articles numérisés

Les textes ci-dessus sont accessibles en fac-similé, avec la page d'origine. Chaque fichier reprend la couverture et le sommaire du numéro, puis l'article.

Sources citées

  • Organisation internationale de la Francophonie — sommets de Montréal (2010), Genève (2010), Dakar (2014), Kigali (2022)
  • Revue de l'AMOPA, ISSN 0993-1317
  • La Dépêche diplomatique, ISSN 0850-0527/10