Francophonie — D'un universalisme à la diversalité
Essai
Francophonie : de l'universalité à la diversalité
La Francophonie est-elle un universalisme culturel, ou un pluralisme de coopérations ? Analyse de sa triple dimension — linguistique, institutionnelle, philosophique — et de sa généalogie politique.
Dernière mise à jour :
Un objet à trois dimensions
La Francophonie n’est pas seulement une affaire de langue. Elle se définit sur
trois plans qui ne se confondent jamais tout à fait :
le plan linguistique : les parlers, les normes, les dictionnaires ;
le plan institutionnel : l’Organisation internationale de la
Francophonie, ses programmes de coopération et leurs modes d’action ;
le plan philosophique : l’universalisme des valeurs qui la fonde.
C’est le troisième plan qui est aujourd’hui mis en cause.
Fille de la liberté, sœur des indépendances
La Francophonie est un projet politique né du mouvement de décolonisation.
Elle se veut instrument de diplomatic culturelle, instruments de rapports
spécifiques avec les États d’Afrique noire, et d’abord lieu de dialogue et de
coopération décentralisée.
Cette généalogie a été analysée dès 2010 dans La Dépêche diplomatique : elle
explique à la fois la force du projet et sa fragilité. Un instrument conçu pour
affirmer une unité culturelle s’est trouvé pris dans les rivalités entre États
et entre langues.
L’universalité et son problème
Le mot « diversalité » a été proposé pour nommer l’écart entre l’universalisme
du projet et la diversité réelle de l’espace francophone :
les particuliarismes linguistiques en Afrique noire s’opposent à une
universalité conceptuelle ;
l’analyse critique des raisons graphiques et des raisons orales montre
que l’écriture n’est pas un simple support technique du droit : elle est un
enjeu de pouvoir.
Relations Afrique–France
L’interface entre la Francophonie et la relation franco-africaine a fait l’objet
de plusieurs articles : La Francophonie au cœur des nouvelles relations entre
l’Afrique et la France (Le Panafricain, décembre 2012) et La Francophonie :
avenir de l’Afrique (Afrique Démocratie, novembre 2012).
La question de fond est celle de la nouvelle frontière numérique, objet d’un
article au 15e sommet de la Francophonie (Afrique Démocratie, décembre 2014) :
la Francophonie n’est plus seulement une question de bibliothèques, elle est
une question d’infrastructures numériques et de souveraineté.
Articles numérisés
Quatre des textes de cette page sont accessibles en fac-similé, avec la page
d’origine :
« La Francophonie : avenir de l’Afrique ? » (Afrique Démocratie, n° 15,
novembre 2012)
« La Francophonie au cœur des nouvelles relations entre l’Afrique et la
France » (Le Panafricain, n° 99, décembre 2012)
« 13e sommet de la Francophonie : vers la grande métisserie » (La Dépêche
diplomatique, n° 121, novembre 2010)
« La francophonie : fille de la liberté, sœur des indépendances » (La
Dépêche diplomatique, n° 118, avril 2010)
La participation aux sommets de la Francophonie s’est étendue de 2010 à 2022 :
Montréal (2010), Genève (2010), Dakar (2014), Kigali (2022).
Également publié : « De l’universalité à la diversalité » (Revue de l’AMOPA, juillet 2010) et
« Francophonie et diversité, c’est maintenant ! » (Afrique Perspectives, décembre 2014). Voir
la liste complète des publications.
Articles numérisés
Les textes ci-dessus sont accessibles en fac-similé, avec la page d'origine. Chaque fichier reprend la couverture et le sommaire du numéro, puis l'article.
La Dépêche diplomatiqueN° 121 — édition Afriquenovembre 2010
Rôle du mécanisme de la Francophonie dans le couple Afrique–France, la place de la France dans les institutions de la Francophonie, et les conditions de son efficacité.
Généalogie du projet francophone dans le mouvement des indépendances, à l'intérieur d'un numéro spécial consacré aux cinquante ans de l'indépendance du Sénégal.